Projet KOLORANO – Programme EAURIZON

Fiche technique du projet Kolorano – Programme Eaurizon

  • Objectif du projet: concilier sécurité hydrique et sécurité alimentaire des populations sur les bassins versants d’intervention.
  • Durée: mars 2016 – mars 2020
  • Financement: Agence de l’Eau Rhône-Méditerrannée-Corse,Métropole de Lyon, Association Recherche Qualité Environnementale
  • Montant du projet: 335 000 €
  • Partenaires terrain: Agrisud International, Métropole de Lyon, Région Haute Matsiatra
  • Coordination générale du projet: Etc Terra
  • Equipe technique locale: deux ingénieurs agronome et un forestier
  • Personne contact: SIBOMANA Jean Marie Vianney, Chef de Projet Kolorano, bureau Région Haute Matsiatra. Coordonnées: 033 02 004 23/ 034 66 226 04 / sibomana@etcterra.org

Contexte

Le projet s’inscrit dans le prolongement du projet Zambazamba (115 ha), projet-pilote GIRE mis en œuvre sur la commune de Nasandratrony depuis mars 2014. Afin de valoriser au mieux les investissements consentis en terme d’Adduction d’Eau Potable (AEP) par le programme de Coopération Décentralisée entre la Métropole de Lyon (ML) et la Région Haute-Matsiatra (RHM), les différents partenaires techniques, institutionnels et financiers de ce projet ont souhaité planifier sa réplication sur 6 autres communes et 9 autres bassins versants de la Région Haute-Matsiatra.

Tableau de localisation des bassins versants d’intervention et leurs superficies

Commune Non du Bassin Versant Surface (ha)
Sahambavy Analamitranga 30
Ambohimandroso 32
Alakamisy Itenina Midongy 71
Ambalavao Soarano 390
Anjoma Sahavania 43
Ambatomena 19
Isorana Andohakiadiana 39
Vohiposa Andohala 9
Total 633

Objectif

L’objectif général de Kolorano est de concilier sécurité hydrique et sécurité alimentaire des populations sur les bassins versants d’intervention.

Activité du projet 

Cinq volets d’activités sont mis en œuvre et portent autant sur les questions de l’action communale que sur la diffusion de pratiques agro-sylvo-écologiques et la mesure de leur impact :

1- Améliorer la gouvernance communale en matière de gestion agricole et forestière : formation de 15 Agents Communaux de l’Eau et de l’Assainissement, installation et accompagnement de 15 pépinières communales ;

2- Elaborer les schémas d’aménagements des bassins versants : sur la base d’un diagnostic des systèmes de production et d’une cartographie fine de l’occupation des sols ;

3- Protéger la ressource en eau en amont des captages : sur 200 ha au total, formation de 150 producteurs à l’installation de couvertures végétales permanentes (dans les périmètres de protection rapprochés des captages) et aux aménagements agro-forestiers sur courbes de niveau (dans les périmètres de protection éloignés). Elaboration de plans de gestion forestière (dans les massifs forestiers déjà constitués) avec priorité à la conversion de taillis en taillis-sous-futaie, diffusion de foyers améliorés et des techniques de carbonisation améliorée ;

4- Améliorer la productivité de l’eau en aval des captages : 125 ha d’aménagements agro-forestiers, formation de 400 producteurs aux techniques économes en eau, particulièrement en terme de riziculture où le Système de Riziculture Intensive (SRI) sera fortement promu par sa capacité à produire davantage avec moins d’eau ;

5- Mesurer l’impact du programme : avant tout sur les ressources en eau mais également sur la biodiversité, le niveau de vie des bénéficiaires et le climat.

Résultats du projet

Depuis son démarrage en mars 2016, le projet Kolorano a pu mettre en évidence les résultats suivants :

1- Améliorer la gouvernance communale en matière de gestion agricole et forestière :

  • Formation de 13 ACEAH en agro écologie ;
  • Formation de 18 pépiniéristes issus des communes d’intervention ;
  • Mise en place de 13 pépinières, dont 4 sur les communes du projet Kolorano et 9 sur celles encadrées plus largement par le programme Eaurizon ;
  • Recyclage des pépiniéristes communaux sur la production végétative (marcottage, greffage et bouturage).

2- Élaborer les schémas d’aménagements des bassins versants :

  • 16 bassins versants répartis dans 10 communes ont fait l’objet d’une description sommaire, puis 8 d’entre eux retenus pour un diagnostic complet sur les systèmes de production agricole et la situation environnementale ;
  • 8 schémas d’aménagement participatif ont été élaborés et les cartes montrant les aménagements à réaliser le long du projet sont disponibles.

3- Protéger la ressource en eau en amont des captages :

  • 46ha de plantation d’arbres forestiers et fruitiers ont été aménagé sur le bassin de Zambazamba et un pare feu de 6 km entretenu ;
  • 4 bassins versants ont été identifiés comme ayant des surfaces forestières suffisantes pour la mise en place de plans de gestion forestière en cours d’élaboration ;
  • 124 charbonniers ont été recensés sur les bassins versants et une formation sur les techniques de carbonisation améliorée est en préparation.

4- Améliorer la productivité de l’eau en aval des captages :

  • Les producteurs de Zambazamba ont été appuyés dans la mise en œuvre de techniques SRI[1] et SRA[2] sur 3 ha de rizière.

5- Mesurer l’impact du programme :

  • L’installation de dispositifs de suivi de l’érosion et du ruissellement sur le bassin versant de Soarano ;
  • Un inventaire de la biodiversité ligneuse réalisé sur 4 bassins versants (Andohala, Midongy, Soarano et Analamitranga) en collaboration avec une étudiante de l’université ESSA[3]

Difficultés rencontrées et solutions apportées

  • la mobilisation des communes pour les pépinières : certaines communes n’ont pas souhaité prendre en charge la gestion de pépinière. Le projet a pu trouver une solution en collaboration avec les pépiniéristes privés motivés et identifiés durant les phases de diagnostic de bassin versant ;
  • la mobilisation des populations pour les aménagements : les terrains à aménager appartiennent en général à des particuliers. Or, si les résultats du projet (augmentation de la disponibilité en qualité et en quantité de l’eau pour l’agriculture et eau potable) bénéficient au plus grand nombre, la population reste hésitante quant à la réalisation communautaire de travaux sur des parcelles privées. . Une sensibilisation via des spots radios est donc programmée ainsi que des visites d’échanges avec des communautés ayant déjà bénéficié d’appuis similaires du projet.

Perspectives

  • La deuxième année du projet sera consacrée à :
    • La formation des paysans leaders identifiés sur les bonnes pratiques agricoles et leur accompagnement par l’équipe du projet dans leurs tâches de diffusion des techniques ;
    • L’appui à la production de plants forestiers et fruitiers afin d’assurer les reboisements prévus dans les plans d’aménagement des bassins versant ;
    • L’accompagnement des propriétaires forestiers dans la mise en œuvre de plans de gestion de leurs massifs ;
    • L’accompagnement des charbonniers sélectionnés dans l’appropriation de techniques de carbonisation améliorée ;
    • L’accompagnement des communes dans la mise en place et la gestion des aménagements prévus dans les Schémas Communautaires d’Aménagements Participatifs ;
    • La poursuite des mesures d’impact des activités du projet sur le comportement hydrique des bassins versants.
  • D’ici la fin du projet les pépinières seront opérationnelles sur les 7 communes. Elles permettront de produite l’ensemble des plants nécessaire au reboisement de 80 % des surface situées en amont des captages. La plupart des producteurs installés sur les bassins versants encadrés par le projet auront bénéficié d’appui à la mise en œuvre de techniques sylvo-écologiques (outillage, intrants et conseils techniques par l’intermédiaire des 55 paysans leaders).
  • Les suivis des impacts du projet visent à démontrer une amélioration de la résilience hydrique des bassins versants (meilleure rétention d’eau et augmentation des débits à l’étiage en saison sèche). Ils doivent également permettre de calculer l’accroissement du niveau de vie des ménages encadrés par le projet.

[1] SRI : Système de Riziculture Intensive.

[2] SRA : Système de Riziculture Améliorée.

[3] ESSA : Ecole Supérieure des Sciences Agronomiques.

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